Un projet qui allie augmentation du trafic ferroviaire ET maritime

Le lac Saint-Pierre en danger

350,000 personnes de la rive sud de Montreal a risque sur le trace

Qu’est-ce que c’est?

Le Terminal Kildair, situé à Sorel-Tracy, est un ensemble d’installations permettant le stockage, et l’expédition par voie maritime, de pétrole brut. Il a la capacité de recevoir 60 wagons de pétrole brut par jour. Comme dans le cas de Chaleur Terminals, les trains transportant le pétrole vers les installations de Kildair appartiennent au Canadien National (CN).

Où est le problème?

La protection du lac Saint-Pierre

Les aménagements apportés au quai du Terminal Kildair en 2014 lui permettent de remplir des navires d’une taille de 260 m de longueur et jusqu’à 44 mètres de large. On nomme ces navires des « superpétroliers ». Avant 2014, des navires d’une telle dimension étaient interdits dans cette section du fleuve, puisqu’ils doivent, pour y parvenir, traverser l’archipel du lac Saint-Pierre, une réserve mondiale de la biosphère reconnue par l’UNESCO. Or, en cas de déversement, aucune unité d’intervention n’est en mesure d’agir de manière adéquate pour protéger ce joyau du Saint-Laurent. Un déversement de seulement 10 % du contenu d’un superpétrolier pourrait couvrir l’entièreté du lac Saint-Pierre en seulement huit heures et coûter plus de 2 milliards de dollars à nettoyer, selon une étude effectuée par Équiterre et le Conseil des canadiens. Il va sans dire que les coûts reliés à une telle catastrophe devraient être en partie couverts par les contribuables.

Le tracé ferroviaire

Les trains apportant le pétrole brut jusqu’au Terminal Kildair arrivent de l’ouest de Montréal, empruntent le pont Victoria et traversent plusieurs dizaines de municipalités de la Rive-Sud, dont Brossard, Longueuil, Boucherville, Varennes, Verchères et Contrecœur, où résident plus de 350 000 personnes. Ces municipalités ne disposent pas des équipements ni du personnel nécessaires pour intervenir en cas de déversement. Or, comme à Lac-Mégantic, les trains remplis de produits explosifs traversent des centres-ville et croisent des écoles primaires, des résidences pour personnes âgées, des complexes communautaires, etc.

La pollution sonore du Saint-Laurent

La pollution sonore émise par les navires traversant le Saint-Laurent double chaque décennie. Des chercheurs s’inquiètent des effets de ces bruits sur les baleines du fleuve. En effet, celles-ci communiquent et s’orientent en émettant des sons. On sait déjà que les baleines quittent les zones trop bruyantes, réduisant ainsi la taille de leur habitat. La pollution sonore des navires nuit donc aux mammifères marins du fleuve, sans compter le risque de collision accru entre baleines et navires.

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